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Les trois
grands types de classification de la santé mentale
des jeunes
Trois grands systèmes ont été
proposés pour évaluer la santé mentale
des jeunes. La tradition médicale catégorielle,
la tradition psychologique dimensionnelle et la théorie
psychanalytique ont chacune donné naissance à
des classifications des troubles mentaux.
L'approche médicale définit des catégories
qualitatives, la santé vs la maladie, par la présence
ou l'absence de certains symptômes. Ces symptômes
sont choisis par des groupes d'experts réunis en
comités. Théoriquement, les choix des experts
doivent être validés par des études
épidémiologiques et cliniques sur le terrain.
Actuellement, les Field Trials du DSM-IV sont en cours.
Pour certains diagnostics, ils ont déjà été
publiés. Les classifications contemporaines sont
multi-axiales. Elles étudient la psychopathologie,
mais également l'état physique (certaines
maladies s'accompagnent de troubles mentaux) et les facteurs
environnementaux. Les classifications connues sous le nom
de DSM mises au point par l'American Psychiatric Association
appartiennent à ce groupe.
La théorie psychanalytique définit les maladies
mentales en termes de conflits inconscients générateurs
d'une angoisse qui, à son tour, déclenche
des mécanismes de défense. Dans les classifications
psychanalytiques, l'organisation des diagnostics repose
sur des hypothèses quant à l'archaïsme
de la psychopathologie. La classification d'Anna Freud (1965)
décrit la psychopathologie chez les jeunes en fonction
des étapes du développement définies
par la théorie analytique. Plus récemment,
la «classification française des troubles mentaux
de l'enfant et de l'adolescent» (1990) décrit
deux axes consacrés l'un aux «organisations
psychologiques» et l'autre aux aspects physiques et
environnementaux.
L'approche psychologique est dimensionnelle. Elle est
basée sur une continuité des sentiments et
des comportements allant du plus normal au très pathologique.
Les enfants perturbés ne sont pas identifiés
par la présence ou l'absence de tels ou tels symptômes,
mais par leur situation à l'extrémité
d'un continuum défini par les scores d'une échelle
sur laquelle tous les enfants se répartissent. L'informatique
a permis de raffiner les analyses statistiques associées
à l'approche dimensionnelle. Aujourd'hui, c'est le
CBCL (Child Behavior CheckList) (Achenbach & Edelbrock,
1983) qui représente cette approche. Les analyses
factorielles ont permis à Achenbach & Edelbrock
(1978) de décrire quatre grands syndromes (les troubles
de la conduite, l'anxiété-retrait, l'immaturité
et la délinquance de groupe avec comportements agressifs)
ainsi que 14 syndromes plus «étroits».
À priori cette approche est la plus satisfaisante
car elle est basée sur des données empiriques
et non sur l'opinion d'experts ou sur une théorie.
Toutefois, l'analyse factorielle ne regroupe que les items
soumis au traitement statistique. La façon dont ils
sont choisis conditionne les résultats, comme dans
les classifications catégorielles.
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