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Historique
du DSM-IV
Les phénomènes psychologiques,
les sensations, les émotions, les sentiments, sont
très réels, mais en même temps très
abstraits. Aussi, comme les choses matérielles sont
plus immédiatement accessibles que les abstractions,
l'étude des nombreux aspects physiques de la santé
s'est développée beaucoup plus rapidement
que l'étude de la santé mentale.
Les troubles mentaux observés pendant la seconde
guerre mondiale chez les soldats soumis aux stress de la
vie militaire et des combats avaient conduit beaucoup d'auteurs
à considérer les troubles mentaux comme la
conséquence du stress. Dans la vie civile, le stress
a été mis en relation avec la pauvreté.
Si les troubles mentaux ne représentaient que différentes
formes d'une même maladie causée par le même
facteur étiologique, la classification des troubles
perdait beaucoup de son intérêt. Tous les troubles
mentaux étaient donc étudiés globalement
à l'aide d'instruments censés mesurer la détresse
psychologique provoquée par le stress. Les échelles
de détresse psychologique évaluaient surtout
les troubles anxieux, ce qui a longtemps fait croire que
la psychopathologie était plus fréquente chez
les femmes que chez les hommes. Par ailleurs, à cette
époque, en santé mentale les classifications
étaient peu précises. Elles permettaient une
marge d'interprétation importante, ce qui limitait
leur intérêt (Valla & Bergeron, 1994).
Dans les années 60, le développement de
la pharmacologie a ramené les classifications au
premier plan. En effet, certains médicaments amélioraient
spécifiquement tel ou tel regroupement de symptômes.
Aussi, pendant les années 70 plusieurs tentatives
de classification des troubles mentaux ont successivement
vu le jour aux États-Unis, pour aboutir en 1979 à
la parution du DSM-III ((Association américaine de
psychiatrie, 1983, original 1979) et presqu'aussitôt
à celle du DIS (Robins et coll., 1981), l'instrument
qui opérationnalisait cette classification auprès
de la population adulte. Pour réduire la part de
l'interprétation, les définitions diagnostiques
proposées par le DSM-III visaient à être
aussi précises que possible (Robins, 1990).
Les années 80 ont vu les premiers succès
remportés par cette approche avec l'ECA (1984), une
étude américaine sur 17 000 sujets qui, entre
autres résultats, a rétabli l'égalité
des sexes face aux troubles mentaux en démontrant
la fréquence des problèmes d'alcool et des
comportements antisociaux chez les hommes. L'approche adoptée
par le DSM-III a été poursuivie dans la version
révisée, le DSM-III-R, paru en 1987 et dans
le DSM-IV, paru en 1994. Parallèlement, l'OMS (1993)
a publié la dixième version de sa classification
internationale des maladies (CIM-10) qui reprend beaucoup
des éléments du DSM-IV. Ces classifications
récentes se veulent de plus en plus complètes
et précises.
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